La branche connait des évolutions liées aux technologies numériques : dématérialisation du support de projection, dématérialisation des moyens de paiement et de la billetterie, équipements 3D et 4D Max. Les professionnels doivent se former à de nouveaux équipements, s’adapter à une nouvelle organisation du travail et sont en contact avec de nouveaux métiers : relation avec des prestataires extérieurs de maintenance, etc. En outre, ce secteur professionnel fait face à un changement de modèle économique, dans lequel la concurrence de nouveaux canaux de distribution et de visionnage rend obligatoire la réflexion autour du service rendu au client.
Ces mutations ont des impacts sur les métiers, par exemple celui de technicien d’exploitation cinématographique : les projections d’œuvres audiovisuelles sont désormais numériques, ce qui implique des compétences de maîtrise des outils de réception et de projection numérique.
Ces dernières années, l’exploitation cinématographique a connu de profondes mutations. Numérisation des équipements, évolution des usages et des attentes du public, crise sanitaire, prise en compte des enjeux environnementaux : autant de facteurs qui ont redéfini l’organisation des salles de cinéma et les compétences mobilisées au quotidien.
Dans ce contexte de transformation accélérée, la branche de l’exploitation cinématographique, avec l’appui de l’Afdas, a engagé une étude stratégique afin de mieux comprendre les évolutions à l’œuvre et d’anticiper les besoins futurs en emplois et en compétences.
Pilotée par la Commission Paritaire Permanente de Négociation et d’Interprétation (CPPNI), réunissant les organisations syndicales de salariés et d’employeurs avec l’appui technique de l’Afdas, et réalisée par le cabinet Obéa, cette étude repose sur une analyse documentaire approfondie et sur une trentaine d’entretiens menés auprès de professionnels représentant la diversité des métiers des salles de cinéma.
L’objectif est double : dresser un état des lieux actualisé des métiers et compétences, et fournir des clés de lecture partagées pour accompagner durablement les transformations du secteur.
Deux enjeux majeurs se dégagent
Adapter les métiers aux nouveaux enjeux : certains postes traditionnels évoluent, voire disparaissent, tandis que de nouvelles expertises émergent, notamment en marketing digital, analyse de données ou technologies immersives.
Réinventer les pratiques RH : concilier flexibilité organisationnelle et fidélisation des talents, gérer la polyvalence tout en développant des spécialisations ciblées et stratégiques, constitue un défi central pour les exploitants.
Trois constats clés issus des travaux
La transformation des métiers techniques.
La numérisation des équipements a profondément modifié les techniques de projection. Le métier de projectionniste a évolué vers celui de technicien polyvalent, combinant compétences audiovisuelles, informatiques et de maintenance. Pour autant, la numérisation ne signifie pas automatisation complète : l’intervention humaine reste essentielle pour la qualité de l’image, du son et des réglages.
La montée en polyvalence.
Particulièrement marquée dans les petites et moyennes exploitations, la polyvalence est devenue une réalité structurante. Les frontières entre technique, accueil et gestion s’estompent, un même salarié pouvant intervenir sur plusieurs dimensions de l’activité.
L’enjeu de valorisation des salles.
Face à la concurrence des autres pratiques culturelles, les cinémas réaffirment leur rôle de lieux d’expérience collective, de médiation culturelle et de lien social. L’émotion partagée et la convivialité constituent un atout différenciant majeur pour le secteur.
Quatre grandes familles de métiers
La cartographie des métiers permet d’établir un état des lieux précis des fonctions, responsabilités et compétences mobilisées aujourd’hui. Elle permet d’identifier les profils clés, de repérer d’éventuelles tensions de recrutement et de mieux comprendre les dynamiques professionnelles du secteur.
Elle répertorie 21 fiches métiers contenant description, missions principales, savoir-faire, savoir-être, savoirs, voies d’accès et environnement de travail. Quatre grandes familles de métiers se dégagent.
Les métiers de l’accueil, au cœur de l’expérience spectateur. L’agent de cinéma devient un facilitateur d’expérience, orienté vers le conseil personnalisé et la relation client.
Les métiers de la technique, de la maintenance et de la sécurité, garants de la qualité de diffusion et du bon fonctionnement des équipements.
Les métiers de l’encadrement et de la gestion de site, regroupant assistants, responsables et directeurs, avec des parcours d’évolution désormais bien identifiés.
Les fonctions « Siège et support », incluant notamment le programmateur – métier spécifique à la branche – ainsi que les fonctions transverses (Marketing, RH, RSE), surtout présentes dans les structures de grande taille.
À la fois analytiques et opérationnels, les résultats de l’étude et la cartographie des métiers fournissent à la branche de l’exploitation cinématographique des repères partagés et des leviers concrets pour s’adapter avec agilité et renforcer sa pérennité dans un environnement en constante évolution.
>>> Consultez le site de la cartographie des métiers de l’exploitation cinématographique
>>> Retrouvez le rapport et la synthèse des travaux sur la cartographie des métiers de l’exploitation cinématographique :
Quels sont les impacts liés à la crise Covid-19 ? Quelles sont les stratégies mises en place pour accompagner les salariés et les professionnels ?
La branche de l’exploitation cinématographique et l’Afdas, avec le soutien du ministère du Travail dans le cadre de l’appel à projets « soutien aux démarches prospectives compétences » du plan d’investissement dans les compétences (PIC) pour la période 2018/2022, ont confié au cabinet d’étude Kyu la réalisation d’un diagnostic-action pour évaluer les conséquences de la crise sur le secteur.
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La distribution de films et l’exploitation cinématographique sont confrontées à un changement de modèle économique, lié au développement des technologies numériques. Cette étude analyse l’évolution des métiers.
Les branches de la distribution de films et de l’exploitation cinématographique sont confrontées depuis quelques années à de nombreuses mutations. Si l'évolution majeure tient au développement des technologies numériques, et en particulier à la dématérialisation du support de projection, celle-ci ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt. De manière plus subtile, ces deux secteurs professionnels font face à un changement de modèle économique, dans lequel la concurrence de nouveaux canaux de distribution (Internet et les diverses possibilités de téléchargement) et de visionnage (le « home cinéma ») rend obligatoire la réflexion autour du service rendu au client.
Le succès de certains films en 3D a fini de rendre impératif, même pour les plus réticents, l'équipement des salles en numérique, avec un plan de déploiement d'aides publiques pour les plus petites exploitations. Les relations économiques entre distributeurs et exploitants s'en trouvent profondément modifiées, et de nouveaux métiers, liés au déploiement de ces équipements et à la collecte des contributions dues par les distributeurs, apparaissent.
Au-delà de ces évolutions techniques, économiques, juridiques, commerciales etc. se pose, pour chacun des acteurs, la question du modèle de qualité de service qui garantira à la fois l'équilibre économique et la satisfaction de la clientèle, source de fidélisation.
Cette question ne rencontre pas de réponse univoque, et chaque entreprise la règle à sa manière. Pour certains, l'accent sera mis sur la diversification de l'offre, dans un cadre facile d'accès (la présence de parkings), et proposant une prestation dépassant le temps de la projection (espaces de jeux ou de restauration, vente de supports culturels…). Pour d'autres, l'avantage concurrentiel reposera sur l'originalité d'une programmation qui fera la part belle aux échanges avec les spectateurs, et parfois les équipes des films.